Nos Futurs

Yann Kerbec est un courtier en assurance sérieux. Un soir d’anniversaire, il retombe sur une vieille carte postale envoyée par son meilleur ami Thomas, quand ils étaient ados.
Ils se revoient et décident de faire une fête comme à l’époque.
Ils contactent donc tous les potes du lycée…

Pas d’esbrouffe visuelle au delà des décors des 80’s, Bezançon joue clairement sur la fibre nostalgique. On a là un film au visuel certes travaillé, pas naturaliste mais presque (les scènes de voyage en scooter sont l’objet d’une photographie trèèèèès propre, tournées en Provence Alpes Côtes D’Azur. Sud-Est for the win.) mais dont la valeur est donc dans les dialogues et l’histoire. Une comédie dramatique française, quoi…

Les dialogues… sont bons, mais sans plus. Ils servent vraiment de support au déroulement de l’histoire et c’est là que cela devient intéressant. On notera un nombre certain de références geek utilisées à bon escient et ça fait super plaisir.
Ce buddy-movie tourne vite au road-trip dont l’objectif à moitié avoué est la deuil de sa propre jeunesse. Yann, personnage central, est complètement coincé par le deuil difficile de son père et (SPOILER) des fausses couches de sa femme. Thomas, son pote, doit lui enterrer son adolescence : ils cherchent donc à créer une failel spatio-temporelle pour rejouer le point culminant de leurs soirées, le dix-huitième anniversaire de Yann. C’est à peu près au milieu du film, lors du dîner entre les trois mousquetaires, que cela devient un enjeu extrêmement clair…

Je me suis senti assez concerné : j’ai à peu près le même âge, je me demande souvent ce que sont devenus mes compagnons de lycée (à de rares exceptions près) et puis surtout l’importance des potes, quoi. Appelez-les, berdel de morde.
bon, après, c’est une comédie dramatique de type buddy-movie française : il en sort presque une par mois… Les critiques « officiels » (Libération, vous n’êtes pas allés voir le même film que moi…) tendent à dire que c’est banal voire décevant. Mais quand les regarde toutes, je suppose que ça doit lasser… Quand comme moi on ne va que rarement en voire, ça passe très bien. Ce n’est pas la grosse poilade, on sourit plus qu’on ne rit, mais ça fonctionne.

Pour la majorité des gens pour qui le cinéma est un loisir cher, attendez une diffusion télévisée, une location de dvd ou un passage en VOD. Pour les autres, allez donc le voir, il y passe un message plus essentiel qu’il n’y paraît.

Mais ce n’est pas tout – SPOILER ALERT, je vais révéler le twist du film.

C’est surtout le deuil de Thomas que Yann n’a jamais su faire : son meilleur pote s’est suicidé le soir de cette fameuse fête, qui a cristallisé (et pour cause !) de tant de souvenirs. La majorité du film est un rêve qui permet au protagoniste de prendre conscience de ce travail qu’il n’a pas pu ni su faire tant sa douleur était forte. Le titre du film est évidemment une référence au « no future » des punks, inscrit sur la mob de Thomas, sortie de la Seine sous les yeux de Yann… Et j’ai trouvé que c’était extrêmement bien amené, voire brillant. Une foule de détails qui passent par le filtre de la suspension d’incrédulité sont autant d’indices de la situation réelle… Mais surtout, si ça ne vous donne pas envie d’avoir des nouvelles de vos potes, je ne sais pas ce qu’il vous faut.
Je trouve juste dommage qu’on ne sache pas la réelle situation des autres copains, qui eux étaient là pour la cérémonie d’adieu…

« Allô, vieux ? ouais, c’est moi… »

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