Rêve

Il y a de ça quelques années, entre potes, on écrivait des histoires courtes – devant tenir sur le recto d’un A4. J’hésite depuis longtemps à les sortir… Et puis je me suis souvenu du déclencheur de la première d’entre elles. La voici.

C’était en 1999.

Du coup, seize ans plus tard (à quelques patates près)… Je pense que ça a mal vieilli – j’en ai une certaine quantité sous le coude. Mais j’ai une certaine affection pour… Intellectuellement, c’est un véritable challenge que de faire tenir une histoire possédant introduction, conclusion et fin, tout en développant un minimum personnages et situation.
C’était écrit d’un seul coup. Je ne crois pas qu’il y ait eu de retouche depuis…


La nuit est calme, douce. Une légère brise s’est levée. Il frémit.

– Qu’est-ce que tu fais ?

Sa voix est belle. Il sait, il sent qu’elle va s’asseoir à côté de lui.

– Rien…

Elle s’asseoit à ses côtés, puis pose sa tête contre son épaule. Il lui caresse les joues du bout des doigts, doucement, pour mieux sentir le moindre détail de sa peau. Sa peau qui est si douce.

Ils se sentent bien.

– A quoi tu penses ?

– A nous… A toi. A l’univers. A ce qu’on y fait.

– Embrasse-moi.

Ils échangent un long baiser. Puis elle se lève et l’embrasse encore, et s’en va.

– Je t’aime.

Il lui a dit comme ça, impulsivement.

« Combien sommes-nous ? Combien sommes-nous dans ce putain d’univers ? »

« Il est perdu dans ses pensées, une fois de plus… Je le trouve encore plus beau quand il est comme ça… Mais pourquoi ne veut-il pas me dire exactement à quoi il pense ? »

Soudain, il la sent. La vibration. Quand cela le prend, il sent qu’il comprend mieux l’univers. Ce n’est que sur cette murette, à cet endroit précis, à vingt centimètres du portillon, qu’il ressent cette sensation. Même au plus fort de leurs rapports, il n’a jamais ressenti une telle satisfaction.

Son esprit voyage… Il voit passer des étoiles, des planètes, des galaxies… Puis il arrive là où il voulait aller : au cœur même de la lumière… Cette lumière, c’est le lieu où il communique. Il ne sait pas où il se trouve ni avec qui il est, mais il le sent. Il sent leur présence. Des femmes, des hommes. Ou plutôt des êtres féminins et des êtres masculins. Et ils brassent leurs connaissances dans une seule et même pensée, puis ils repartent, aussi vite qu’ils sont arrivés, dans leur coin de l’univers.

– Tu viens ?

Sa voix le ramène sur Terre. Un sourire en coin apparaît sur son visage. Maintenant, il le sait et il en est sûr. Ils ne sont plus seuls.

En cet an 2081, après la première éclipse solaire totale visible en France depuis 1999, après un holocauste nucléaire dont ils sont les seuls survivants, il sait qu’ils ne sont pas seuls dans l’univers. S’ils sont seuls sur Terre, il y a d’autres formes de vie dans l’univers.


Donc oui, l’éclipse solaire (super bien planquée par les nuages et la pollution…  je n’ai au moins pas le regret de n’avoir eu aucun moyen d’observation à disposition) d’aujourd’hui m’a décidé à envoyer ça sur les internets.

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