Magic in the Moonlight

Berlin, 1928 – Stanley « Wei Ling Soo » Crawford est un illusionniste au succès international dont le passe-temps préféré est de démasquer les médiums. Son ami de longue date Howard Burkan le convie sur la Côte d’Azur pour dénoncer la fradue une jeune fille qu’il n’arrive pas à avoir…

Ok, c’est le dernier Woody Allen en date. Monsieur Névroses me fait crever de rire depuis des années, il était hors de question que je le laisse passer. Oubliez toute notion d’objectivité dans ce qui suit.

Ouais, j’ai aimé, plus que les précédents films, et pour plein de raisons.
D’abord, les acteurs : Colin Firth conjugue onctuosité et raideur dans le sarcasme rationaliste (un parfait deadpan snarker, entouré par d’autres soit dit en passant.). Emma Stone est toute en douceur, le contraste entre les deux fonctionne donc à plein.
Eileen Atkins est sublime en vieille dame anglaise caustique.
Ceci dit, on est loin du niveau de Cate Blanchett dans le précédent film d’Allen…

Les décors sont magnifiques, mais bon, entre le Var et les Alpes-Maritimes, c’est normal. Provence power. Sans compter sur des bâtiments comme le Négresco…
La bande-son est tout simplement parfaite – pour qui aime le jazz.

Les dialogues sont savoureux au possible : les sarcasmes s’enchaînent, les répliques et reparties sont cinglantes… Et Stanley ne comprend vraiment RIEN au genre humain.

Seul bémol, l’intrigue est peut être prévisible.

Je pense que ce film porte pleinement la patte de Woody Allen : la mortalité, le jazz, les dialogues ciselés, on est en terrain connu. Mais il n’en a pas les défauts, je n’ai pas trouvé que c’était poussé à 11. Il a su garder une certaine subtilité et c’est très agréable… Et si Firth est un substitut pour Allen, il garde toute sa personnalité et la met au service du texte.

Bon, voilà pour la partie sans spoilers – ça, c’est fait.

J’ai été très touché sur un plan personnel. L’opposition rationalisme / mysticisme est le moteur réel du film. Y a-t-il une part de magie dans notre monde ? L’irrationnel des sentiments (on s’attendrait presque à entendre que « le cœur a ses raisons que la raison ignore »), en particulier l’Amour, est affirmé comme tel durant la scène finale, mais la superstition (dans son acception la plus générale, la religio latine) correspond également. La cohabitation entre science et religion est d’ailleurs l’une des problématiques du film…

J’apprécie la réponse qu’Allen y apporte : si la science est utile, elle ternit la vie. Crawford est un type déprimant qui adore déprimer les autres… et les croyances (quelles qu’elles soient) permettent une échappatoire à la mort, seule issue connue à la vie… Personnellement, si j’aime la science, je pense qu’il faut laisser une part d’irrationnel dans la vie et que chercher à vouloir tout expliquer finit par éteindre l’Humanité en nous. Je crois que nous avons besoin de l’irrationnel pour ne pas devenir des coquilles vides dont la non-vie tourne autour du mantra métro-boulot-dodo…

Parmi les marottes d’Allen visibles, j’ai retrouvé également l’illusionnisme : comme dans Scoop (de 2006), le film commence sur un numéro de magie…

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