Lucy

La jeune Lucy devient malgré elle une mule et doit convoyer une drogue  plus ou moins expérimentale en Europe. Sauf que le sachet pétera et la dope va lui ouvrir l’accès à ses capacités cérébrales…

La bande-annonce m’avait donné vachement envie. Les critiques me paraissaient faites par principe, histoire de flinguer un film de Luc Besson. Pis d’façon, je VOULAIS le voir, nanmého.

De manière générale, ma relation avec les films de Besson, c’est noir ou blanc. J’ai failli mourrir d’ennui avec Le Grand Bleu. Le Cinquième Élément et Léon ont été deux gigantesques baffes vers lesquelles je reviens en compagnie d’un franc sourire sur les lèvres. Du coup, une BA qui propose une héroïne surboostée, j’me dis « tiens, ça va le faire ».

Je ne m’attendais pas à un film inspiré par 2001 l’Odyssée de l’Espace.

Passons outre la prémisse (l’Homme n’utilise que 10% de son cerveau), complètement  absurde – nous utilisons bien plus que ça, c’est juste que la majorité de notre cerveau est préoccupée par la gestion de nos organes. Essayons donc de motiver votre vésicule biliaire…

Brèfle.
Visuellement, c’est impeccable. Si on excepte les images sorties de documentaires, qui sont largement superflues, pour ne pas dire hyper redondantes : coller des images d’animaux en plein coït pour souligner « les êtres vivants se reproduisent »…. Stop.
Mais les effets spéciaux fonctionnent. Le jeu d’acteur…
Morgan Freeman est égal à lui-même (et peut commenter n’importe quel documentaire aussi bien que sir Attenborough… ❤ ), Amr Waked fait un flic tout à fait correct (et un peu paralysé par le phénomène auquel il fait face, preuve de santé mentale).
Scarlett Johansson… Comment dire. Après un début larmoyant, un rien excessif, elle tombe dans un jeu hyper froid, sans émotion, qui reflète la nature désormais glaciale de son personnage, qu’elle explique aisément : elle perd son humanité au fur et à mesure que ses capacités cognitives prennent le dessus. C’est quand Lucy appelle sa mère et remonte le fil de ses souvenirs, les égrenant pour la plus grande surprise de sa génitrice, qu’elle montre pour la dernière fois un visage véritablement humain.
Je n’arrive pas à savoir si c’est une performance d’actrice ou bien juste naze.

Passons au fond : que se passerait-il si on pouvait effectivement débloquer nos capacités cognitives à leur maximum ?
Là, déjà, je me réfère à Sans Limite, au pitch très semblable (un loser peut utiliser 100% de son cerveau. Et le fait.) qui proposait déjà une version que j’avais trouvé très intéressante (en gros : utiliser ses capacités pour s’en sortir au mieux : « la survie du plus apte. »)
En l’occurrence, on développerait des super-pouvoirs, à commencer par l’écholocation (c’est Morgan Freeman qui le dit), pour finir par contrôler la matière. Wooouhouuu.
Un message, c’est que la Vie est orientée vers un seul but : transférer les connaissances, au niveau cellulaire, d’une génération de cellules à la suivante. Sur un plan macroscopique, transférer l’expérience d’une génération à la suivante… Lucy pose aussi la question de ce qu’on peut faire de ce savoir, sans pour autant y répondre franchement. Je ne suis pas certain de ce que Luc Besson a voulu nous faire comprendre, cela me laisse assez sceptique, du coup.

Je préfère la version de Sans Limite, où il s’agit clairement de s’améliorer soi-même – c’est une perspective assez nietzschéenne, en fait. Lucy, elle donne tout son savoir, mais aurait tout à fait pu tenter de stabiliser son état pour en profiter… Bon, ok, elle aurait eu Interpol aux fesses.

Du coup, je reste assez dubitatif. Lucy me laisse un peu dans le même état que The Big Lebowsky : je ne suis pas certain de ce que je viens de voir… Il n’est cependant pas improbable que ce film devienne un film culte.

Publicités
Cet article, publié dans Images animées, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

11 commentaires pour Lucy

  1. Chanone dit :

    perso, j’ai apprécié la fin ouverte. Je ne suis pas du tout certain d’en avoir pigé les aboutissants mais j’ai kiffé grave quand elle se désintègre et se digitalise, devenant ainsi une I.A totalement désincarnée mais omnisciente.

    Quand je pousse le raisonnement (ça ne m’arrive que rarement), je me dis que le film revient sur l’idée forte que la force de la condition de l’homme tient dans son outillage. Une réalité vérifiable mais polymorphe: elle va de la lance du cro-magnon au téléphone portable/G.P.S/ agenda de l’homme moderne… Notez que cet outil hyper sophistiqué ne fonctionne vraiment que si il a du réseau ^^.

    • Cousin Nalesk dit :

      En fait, il y a matière à longuement gloser sur ce qui est dit et montré dans ce film…

      Par contre, ce que tu as aimé, moi ça m’a grumpfé. Qu’elle se transforme en une sorte d’hyper-calculateur, soit. Qu’elle disparaisse purement et simplement, même pas sous forme de poussière… Là, c’est allé trop fort.

      Je pense que tu te méprends sur l’idée du film. Je pense plutôt que c’est que notre civilisation entière se tromperait de paradigme à la base, en se basant sur des notions mathématiques et non temporelles comme Lucy dit le faire (l’image de la voiture accélérée). Mais bon, quelle est la notion du temps d’un être qui se souvient de tout ?

  2. Chanone dit :

    Bonne question, surtout que le film montre bien son omniscience: elle suit tout les fils temporels et elle en capte l’origine avec discernement. Quand à l’exacte notion du temps, c’est un thème qui fait l’essence même d’un film: quoi montrer, combien de temps le faire durer.

    Je fait un aparté sur le cinéma en général: si le choix du sujet et son traitement son l’oeuvre du metteur en scène, la durée de chaque plan est l’oeuvre du monteur, et souvent aussi du producteur: on ne met pas les pieds dans un film de 4 heures sur les états d’âmes de Machin comme on va voir une cascade d’action rocambolesque signé bidule (je reste vague volontairement, l’idée étant d’opposer le cinéma d’auteur et le cinéma grand public, orienté action, au montage généralement réglé au micro poil. Willow est un excellent exemple, comme les Star War 4 et 5.)

    Cela n’a donc rien d’étonnant que Besson pense en espace/temps (et compte en millions ^^) plutôt que faire des additions de smicard (1+1). Cependant, le concept et la démonstration ne sont pas maladroits, et j’ai apprécié le film pour ça (aussi).

  3. oth67 dit :

    La fin est l’orientation de Besson, elle pourrait être multiple et troublante !

  4. Ping : Ghost in the Shell | Élucubrations ursidées

Votre avis ? Une réponse ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s